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Surveillance omniprésente

En 1949, l’auteur George Orwell publiait son œuvre 1984, dans laquelle la figure de proue du roman, Big Brother, est devenue un emblème métaphorique du régime policier et totalitaire, de la société de la surveillance ainsi que de la réduction des libertés, tel que nous pouvons le lire sur Wikipédia. De nos jours, cet univers où l’état contrôlait absolument tout, subit un véritable big bang. L’effervescence technologique engendrée par la mobilité et les différents services offerts par le web social provoque un véritable retour du balancier, rendant les policiers vulnérables et à la merci des médias sociaux, comme le présente Olivier Proulx dans son billet intitulé « Des policiers sous surveillance ». Au cours du présent travail, je décrirai ce milieu étroitement relié à mon emploi à l’École nationale de police du Québec, les tendances que nous pouvons y observer d’ores et déjà et extrapolerai sur les changements de ces dernières à court (1 an), moyen (5 ans) et long (20 ans) termes.

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Description du milieu

Tout d’abord, avant toute chose, renseignons-nous un peu sur le milieu policier grâce au site Éducaloi, un organisme à but non lucratif dont la principale raison d’être est d’aider les citoyens à mieux comprendre leurs droits et leurs obligations. Ce monde, où règne la loi et l’ordre, est composé de différents corps policiers agissant à divers paliers gouvernementaux, régionaux et municipaux.

Au niveau du gouvernement fédéral, nous retrouvons:

Ensuite, au niveau gouvernemental provincial du Québec, nous retrouvons la Sûreté du Québec.

Puis, du côté des corps policiers régionaux et municipaux, nous retrouvons notamment:

Au Québec, il est important de savoir que c’est le Ministère de la sécurité publique (MSP) qui gère et oblige les municipalités à se soumettre à la Loi sur la police, adoptée à l’Assemblée nationale le 13 juin 2000 et dont la mission est:

L’objet de cette loi, qui reprend substantiellement les dispositions de l’ancienne Loi de police et de l’ancienne Loi sur l’organisation policière, est notamment d’instituer l’École nationale de police du Québec qui succède à l’Institut de police du Québec. L’École a pour mission d’assurer la formation initiale qui permet d’acquérir les compétences de base dans le domaine de la patrouille-gendarmerie, de l’enquête et de la gestion policière. Cette loi crée une Commission de formation et de recherche qui donnera des avis au conseil d’administration de l’École sur la formation policière et l’évolution de la recherche dans ce domaine. De plus, cette loi intègre également les dispositions relatives aux corps de police autochtones et établit le caractère communautaire de l’action policière. Cette loi oblige toute municipalité à prendre un règlement relativement à la discipline des membres de son corps de police et à produire un rapport annuel d’activité.

De plus, il existe différents niveaux de services obligatoires selon l’envergure de la population à desservir.

La hiérarchie est très importante au sein de la police et il y existe une multitude de fonctions (Patrouilleur, Agent d’intervention technique (SWAT), Enquêteur, etc) et de grades (Directeur, Commandant, Lieutenant, etc). Cette culture organisationnelle prévoit que les décisions et les communications soient prises par le sommet de l’organigramme pour ensuite être diffusées vers le bas.

Pour expliquer l’importance de la hiérarchie, telle que décrite ci-dessus, j’aimerais tout simplement reprendre les paroles du directeur de l’Académie de Savatan sur le site Internet officiel:

Aux côtés des savoir-faire dispensés au travers de l’instruction, le futur policier va alors recevoir tout au long de sa formation un savoir-être, une somme de valeurs qui ont pour nom la responsabilité individuelle, le courage, le sens du bien commun. En un mot, une véritable culture policière toute empreinte du sceau de la « réflaction », la réflexion avant l’action.

En revêtant pour la première fois son uniforme, l’aspirant policier, gendarme ou inspecteur choisit volontairement cette somme de valeurs qui vont influencer son action. Des valeurs qui, dès sa première heure à l’Académie, seront celles de l’aspirant.

Demain, la responsabilité du futur policier sera bien réelle. Car nos concitoyennes et concitoyens expriment une attente immense sur le rôle, la responsabilité et l’engagement des policiers au profit de leur sécurité.

Demain, le futur policier devra avoir la force de croire en ses convictions, de puiser dans les valeurs choisies et acceptées, la force d’agir avec proportionnalité, la force enfin de rester humain dans toutes les circonstances.

Demain, le futur policier entrera dans les rangs d’un Corps constitué. Un corps au sein duquel les principes sont toujours les mêmes : la loyauté et la militarité.

La loyauté envers sa hiérarchie n’est pas un acte de compromission : elle doit s’exprimer naturellement, avec fierté et cohésion.

Quant à la militarité, elle est source de dévouement, de disponibilité, de cohésion et de robustesse. Il s’agit d’une posture morale qui fait que l’individu va plus loin dans le service des personnes et de la patrie.

Au terme de sa formation à l’Académie de police, l’aspirant policier, gendarme ou inspecteur connaîtra alors le comment de son métier. Mais bien davantage encore, il sera imprégné du pourquoi de son engagement : servir la société et protéger le citoyen.

Tendances

Dans un deuxième temps, observons les tendances entourant les policiers versus le web social. A ce stade, nous pouvons confirmer une croissance du mépris envers le travail de ces derniers. Des messages haineux et de propagande sont largement diffusés et partagés via les différents médias sociaux. Récemment avait lieu le 21e Séminaire Intersection/MSP en partenariat avec l’École nationale de police du Québec, la Sécurité publique de Trois-Rivières et la Sûreté du Québec et ce thème fut au coeur des débats. En effet, comme le soulignait Helen Dion, directrice du service de police de la Ville de Repentigny et présidente du Réseau Intersection, à la journaliste du Nouvelliste Nancy Massicotte, les défis reliés aux réseaux sociaux sont de plus en plus grands:

N’importe qui peut s’improviser média aujourd’hui. Un incident sera filmé et diffusé sur les réseaux sociaux et la population va ensuite se faire une idée complète de l’intervention policière à partir seulement d’une petite partie de celle-ci.

On parle aussi souvent du lien de confiance que la police doit entretenir avec la population grâce à la politique de police communautaire, ce que les réseaux sociaux peuvent rapidement détruire en ternissant la e-réputation des agents de la paix. Vous rappelez-vous l’intervention du policier du SPVM auprès d’un itinérant l’hiver dernier? Cette vidéo parue sur YouTube est devenue virale, ayant été visionnée par plus de 515 000 personnes à ce jour. Bien que la façon de procéder manquait effectivement de tact, mes yeux objectifs n’y voyaient rien d’autre que de la psychologie inversée, méthode que j’utilise moi-même efficacement avec mon petit garçon de deux ans pour le convaincre de manger ses légumes au souper:

La psychologie inversée est une technique de communication consistant à tenir un discours ou adopter une attitude allant à l’encontre de ce que l’on souhaite en fait suggérer.

Cette technique s’appuie sur la réactance, c’est-à-dire le fait qu’un individu qui s’aperçoit que l’on tente de le convaincre, tend par esprit de contradiction à faire ou croire l’opposé de ce qui lui est suggéré.

Malheureusement, fort à parier que la grande majorité du public qui aura visionné la vidéo n’en retiendra que les propos fielleux sans nécessairement avoir l’esprit critique de faire la part des choses en consultant d’autres sources. Comme le suggérait Samuel Tanner, professeur adjoint à l’École de criminologie et chercheur régulier au Centre international de criminologie comparée,  à sa conférence d’ouverture au séminaire mentionné précédemment, une approche de police communautaire se forge d’abord par la création d’un lien de confiance entre la police et le citoyen. Cette relation peut facilement être brisée par les objets sociaux distribués à grande échelle via les outils du web social:

Le public ne partage ni le lieu ni le temps de la scène. Les gens vont donc se faire une opinion sans être là, sans connaître la progression de l’intervention. Des images comme celles-ci viennent donc en rupture avec les attentes de la population et grugent le lien de confiance.

Je suis de ceux qui croient qu’il y a toujours deux côtés à une médaille. On assiste actuellement au débalancement inverse. Par exemple, autant le syndicalisme a été utile à l’époque pour défendre les intérêts collectifs des travailleurs, autant le pouvoir est maintenant inversé et hors du contrôle de la population active. Avec l’arrivée de toutes ces nouvelles technologies, chaque citoyen devient en quelque sorte un journaliste 2.0 et peut décrire les faits, sans toutefois demeurer objectif et avoir le souci professionnel que suppose la démarche journalistique. L’honnêteté et la crédibilité de ces personnes demeurent donc à valider mais remettent quand même en doute l’application de la loi grâce à ce pouvoir de médiatisation.

De plus en plus, nous remarquons qu’une division se crée sur le web, comme c’était le cas lors de la crise étudiante de 2012, et que des forces et volontés sous-jacentes émergent de part et d’autre. Les gens sortent tout de même de leur mutisme afin de redorer le blason de la fonction policière et par le fait même, se libérer de leurs émotions pour exprimer leurs convictions et tenter de rehausser le niveau de confiance envers les hommes de loi.

Certains publient des billets sur leurs blogues personnels, comme c’est le cas d’Alain Martel dans cet excellent article où il explique la douleur qui le tenaillait en tant qu’enfant de policier:

Je me suis retrouvé avec une rage dans le fond du corps. Le visage crispé. Une brûlure dans les tripes. C’est le fils de policier qui s’est éveillé. Le jeune fils. Celui qui a pris longtemps avant de comprendre pourquoi. Pourquoi les gens haïssent-ils  autant les policiers? Pourquoi mon père est-il un boeuf, un chien, un cochon? Pourquoi est-ce que je suis rejeté parce que mon père a choisi un métier qu’il adore?

Parallèlement, des regroupements en faveur des policiers naissent sur les réseaux sociaux et des communautés se forment. C’est le cas notamment sur Facebook via le groupe nommé Soutien aux policiers du Québec: Parce qu’ils sont nos héros de la rue… pour tenter d’équilibrer les tensions et revendications des autres groupes (Guet des Activités Paralogiques, Propagandistes et Anti-démocratiques (GAPPA), Collectif opposé à la brutalité policière (COBP), Coalition contre la répression et les abus policiers (CRAP), etc).

Même sur Twitter, la plateforme de microblogging par excellence, certaines personnes publient des commentaires et partagent des images des bons coups de la police pour démontrer qu’ils ne sont pas seulement des chiens, des boeufs ou des cochons pour ne nommer que ces quelques qualificatifs bien répandus.

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Par contre, ne jouons pas à l’autruche, le thème est clairement tabou. Beaucoup de gens s’empêchent souvent de commenter des sujets chauds sur les réseaux sociaux uniquement pour ne pas provoquer de tempêtes qui seraient sans fin. Ce n’est clairement pas à la mode d’apprécier le métier de policier, même si nous reconnaissons certaines bavures, comme ça ne l’est pas non plus de voter pour le parti conservateur ou le parti Libéral et pourtant, ces derniers ont respectivement remporté majoritairement les élections fédérales de 2011 et les provinciales de 2014. À ce propos, une nuance très intéressante a été exprimée par Michelle Blanc dans son billet de post-mortem concernant les médias sociaux et la dernière élection provinciale: ces nouveaux médias seraient-ils à tendance gauchiste?

Dans le cas des élections fédérales, comme provinciales, j’observe que ce sont plutôt les gens de « gauche » qui s’expriment et utilisent le plus le Web.

La gauche et les progressistes sont de toute évidence beaucoup plus présents et loquaces sur les médias sociaux.

Comme suite au « printemps érable », les internautes « non-progressistes » ont certainement appris à être moins « visibles » afin de ne pas se faire « basher » par les progressistes sur les médias sociaux. J’en discutais dans mes billets :

Les médias sociaux sont-ils responsables d’un climat de haine sociale?

Crise étudiante, la gauche est plus active et intolérante sur les médias sociaux

La « minorité silencieuse » l’est très probablement aussi sur les médias sociaux.

En résumé, s’agit-il encore du même vieux débat de la gauche contre la droite; cette dernière étant le porte-étendard du côté obscur de la force?

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Boule de cristal

En troisième lieu, que nous réserve l’avenir? Difficile de se prononcer à ce sujet, mais je vais tenter de faire quelques pronostics à court, moyen et long termes.

Court terme (1 an)

Pour l’année qui vient, je crois que nous assisterons à une présence accrue de la police sur le web, notamment sur les réseaux sociaux afin de renforcer le lien de confiance avec la population, hausser sa e-réputation mais aussi pour améliorer la collaboration des citoyens et des troupes sur le terrain.

Plusieurs corps de police sont actifs sur les médias sociaux, par exemple @SPVM et @sureteduquebec sur Twitter, afin de répondre aux questions des citoyens, diffuser des campagnes de publicité, publier des disparitions ou enlèvements, etc. Ces comptes utilisateurs crédibles assurent la qualité de l’information qui y est partagée et celle-ci est, par conséquent, plus susceptible d’être propagée parmi les divers médias sociaux assurant ainsi une meilleure circulation de l’information.

Ces gestionnaires de communautés, comme ils sont appelés dans le domaine, devront tout de même faire très attention car parfois certaines opérations se voulant positives pour l’image de l’organisation peuvent hélas prendre des virages insoupçonnés, comme l’a récemment appris à ses dépends la police new-yorkaise.

L’utilisation des outils du web social pourra aussi permettre de mieux gérer les événements en cours. Comme l’explique Martin Lessard dans son billet, les manifestations du printemps 2012 nous ont bien démontré que les réseaux sociaux deviennent de véritables concentrateurs d’événements:

Le mouvement de protestation se propage à l’image des réseaux sociaux : pas vraiment de centre, une organisation sans organisation, c’est-à-dire qui fonctionne organiquement sans avoir de coordination explicite.

Les mots-clic (hashtag) sur Twitter jouent le rôle de messagers. C’est comme ça qu’on peut expliquer l’extraordinaire simultanéité des mouvements du printemps érable. Par un effet de capillarité; vous savez, cette remontée d’humidité qui fait circuler l’eau du bas vers le haut (dans du tissu, les murs, toute matière poreuse…). La migration des mots-clic remonte les faisceaux numériques et l’imitation fait le reste.

Je suis certain que les policiers ont appris du passé et scrutent à présent les réseaux sociaux à la loupe, permettant ainsi de réagir de façon proactive, optimale et surprenante grâce à l’aide de la population. Qui sait, les corps policiers québécois sont peut-être déjà en train de se bâtir un réseau social pour eux, comme l’ont fait les américains avec Blueline Connect?

Les policiers présents sur le réseau Blueline n’aimeront et ne partageront pas les photos de vacances et les blagues partagées, mais des dossiers, des photos, des vidéos, des informations relatives à des scènes d’infractions, dans le but évident de mettre en commun des signalements, des méthodes, des problèmes communs aux officiers de police à travers le pays. À la fois pour le bien des enquêtes et l’optimisation des méthodes d’enquête.

Moyen terme (5 ans)

D’ici quelques années, il est fort probable que les voitures de patrouille québécoises ou les policiers eux-mêmes seront équipés de caméras afin de filmer les interventions.

Dans ce reportage de Normand Grondin, on évoque la possibilité de filmer le travail des policiers afin de contrebalancer la présence importante de téléphones intelligents parmi les citoyens. Denis Côté, président de la Fédération des policiers et policières municipaux du Québec, juge que cette technologie pourrait être dissuasive et aiderait grandement à réduire les agressions et les plaintes envers les forces policières.

Je pense qu’on est rendu là. On est rendu où l’ensemble des citoyens ou presque a un téléphone intelligent et si ça peut permettre de diminuer le nombre d’agressions contre les policiers, ça peut diminuer également le nombre de plaintes portées contre les policiers, je pense que ça vaut la peine d’être exploré au Québec.

Même la relève, les étudiants en techniques policières de la province, s’inquiètent de ces vidéos qui deviennent virales, se propagent à vitesse grand V et alimentent les préjugés. Ils sont d’avis que l’enregistrement des opérations serait bénéfique, comme le rapporte le journaliste de Radio-Canada lors de l’entrevue de Steve Drouin, étudiant, concernant une arrestation survenue à Val-d’Or:

Les étudiants en techniques policières au Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue sont préoccupés par les interventions policières qui se retrouvent sur le web. « Nous, ce qu’on aimerait, c’est avoir des caméras sur nous autres », plaide Steve Drouin, qui croit que les fragments d’information alimentent les préjugés. « Comme l’intervention qui s’est passée à Val-d’Or, on voit seulement la fin, continue-t-il. On ne voit pas ce qui s’est passé au début. Il y en a qui interprètent mal les choses. ».

Plusieurs projets pilotes sont actuellement en cours dans différentes provinces canadiennes. Un policier portait même une caméra GoPro lors de la manifestation contre la brutalité policière du 15 mars dernier. Ce n’est plus qu’une question de temps et, malheureusement, de coût.

 

Long terme (20 ans)

La technologie évolue si rapidement, il m’est difficile de présager comment le milieu policier se transformera d’ici deux décennies.

Malgré tout, je crois que Manuel Valls, ministre de l’intérieur de la France, a une vision claire de ce qui s’en vient avec sa Police 3.0 et je partage son avis:

Il s’agit de combattre efficacement une délinquance aux formes, aux localisations et aux pratiques mouvantes tout en œuvrant au renforcement du lien de confiance qui les unit aux citoyens.

La police a besoin d’être présente sur la toile. Mais il ne s’agit pas d’être présent pour être présent, il s’agit de relier les auteurs entre eux, de recouper avec des méthodes plus traditionnelles (filature, surveillance de lieux de culte, de mouvements extrémistes) pour obtenir des résultats.

De plus, la population va devoir prendre conscience que les infractions commises en ligne ne sont pas effectuées sous le couvert de l’anonymat, malgré l’utilisation de différents avatars ou personas. La loi étant aussi valable sur Internet, le nombre d’arrestations pour des propos tenus en ligne ne fera qu’augmenter.

La toile deviendra peut-être une véritable scène de crime numérique, un lieu privilégié d’indices pour les enquêteurs à la recherche de la vérité?

Peut-être recevrons-nous directement des amendes ou condamnations pour nos méfaits effectués en ligne, un peu comme le font actuellement les radars photo sur les routes du Québec?

Tant de suppositions… Néanmoins, une révision du cadre juridique et de la gouvernance de l’Internet est à prévoir car pour le moment, il existe plusieurs zones grises quant à cette législation…

 

Conclusion

Somme toute, les citoyens devraient se remémorer que ce n’est pas la police mais bien notre police. Ces policiers, malgré notamment le port de l’uniforme, de l’arme de service et de la matraque, ne sont pas des ennemis.

Ils sont grands-parents, parents, conjoints ou amis: tout comme nous. Bref, ils sont humains. Lors d’un incident, ils méritent d’être traités dignement et que toute la vérité soit faite avant d’être jugés et lapidés sur la place publique comme c’est souvent le cas présentement.

Souvenez-vous que des dérapages, il y en a dans tous les types d’emplois: du professeur qui pète les plombs, en passant par l’éboueur qui semble très énervé et, plus près de nous, l’affaire Alexis Vadeboncoeur qui n’a plus besoin de présentation.

La brutalité policière est un fait et celle-ci existe réellement, il faut seulement savoir l’identifier correctement et surtout, ne pas se laisser manipuler par les différents médias d’un côté comme de l’autre, qui pourraient camoufler un certain agenda setting.

Maintenant, il ne reste qu’à patienter quelques années pour évaluer la véracité de ces prédictions…

Philosophie du logiciel libre

Depuis plusieurs années déjà, le mouvement du logiciel libre prend de plus en plus sa place dans notre société basée sur le système capitaliste. Au Québec, suite à l’adoption du projet de loi 133 en 2011 sur la gouvernance et la gestion des ressources informationnelles des organismes publics et des entreprises du gouvernement, on risque d’assister à une augmentation des solutions libres au sein de l’administration publique. Mais qu’elle est cette philosophie exactement? En quoi diffère-t-elle de l’open source? Que peut-elle nous apporter en tant d’individu ou entreprise?

Dans un premier temps, l’appellation logiciel libre provient de la Free Software Foundation, une organisation américaine à but non lucratif. Sa philosophie soutient que les utilisateurs ont la liberté d’exécuter, copier, distribuer, étudier, modifier et améliorer les logiciels, comme le stipulent les quatre libertés essentielles:

  • la liberté d’exécuter le programme, pour tous les usages (liberté 0) ;
  • la liberté d’étudier le fonctionnement du programme, et de le modifier pour qu’il effectue vos tâches informatiques comme vous le souhaitez (liberté 1) ; l’accès au code source est une condition nécessaire ;
  • la liberté de redistribuer des copies, donc d’aider votre voisin (liberté 2) ;
  • la liberté de distribuer aux autres des copies de vos versions modifiées (liberté 3) ; en faisant cela, vous donnez à toute la communauté une possibilité de profiter de vos changements ; l’accès au code source est une condition nécessaire.

On peut facilement y voir les liens avec l’éthique hacker qui prône haut et fort, entre autres, la libération de l’information et le partage des connaissances gratuitement entre tous. Bien que plusieurs croient à tort que les logiciels libres soient gratuits, ce n’est pas nécessairement le cas. Comme le souligne Laurent Bounin dans ce billet via le blogue de Direction Informatique:

L’ambiguïté de la gratuité provient de l’appellation anglophone d’origine du logiciel libre qui est free software. Toutefois, dans ce contexte là free ne signifie pas « gratuit » mais bien « libre ».

Ne soyons pas naïfs, l’utilisation de ces applications occasionnent certains coûts afférents. Beaucoup d’efforts de la part des employés internes, de fournisseurs ou de consultants doivent être déployés.

Ensuite, comment faisons-nous la distinction entre logiciel libre et open source? Bien que Laurent Bounin soit d’avis que ces deux termes soient équivalents, il demeure quand même une subtilité importante entre les deux communautés qu’on pourrait catégoriser d’ordre politique.

En effet, les plus fervents défenseurs de l’open source y voient un processus de développement technique qui allie sécurité, fiabilité et flexibilité contrairement au logiciel libre, qui est plutôt vu comme une philosophie voire même une idéologie. Buddhika Chamith apporte un élément important dans son billet intitulé Is it Free or Is it Open Source?, soutenant l’aspect marketing de la terminologie:

The officially coined term “Free Software” didn’t gain much popularity with the cooperate world due to the fact that “Free” was associated with lower grade, cheap or not being ethical. So the term “Open Source” was introduced describing another facet of the Free software.

En troisième lieu, quel est l’apport de son utilisation au niveau de l’individu ou l’entreprise? Comme nous le mentionnions plus tôt, le logiciel libre est normalement beaucoup moins coûteux que les produits propriétaires. Malgré tout, cette raison ne devrait pas être évoquée comme avantage premier de son utilisation, comme le mentionnait Michel Dumain dans ce billet sur les avantages et contraintes de cette philosophie.

La sécurité étant l’enjeu principal, le code ouvert permet à quiconque d’inspecter le contenu et de s’assurer que le logiciel est exempt de faille ou du moins, veiller à ce que des correctifs soient produits et livrés le plus rapidement possible.

L’ouverture du code source permet à tout et chacun, dans la communauté des développeurs, de corriger le moindre petit bogue rapidement.

De plus, le respect de normes et standards reconnus évite la plupart des problèmes reliés à la compatibilité et assure une pérennité aisée de l’application, ce qui n’est pas le cas lorsqu’un éditeur de logiciel privé décide de mettre un terme à un produit.

La disponibilité du code source garantit toujours que le logiciel pourra grandir en fonction des besoins.

Enfin, il semblerait que ceux-ci soient souvent moins gourmands sur les ressources systèmes. Cela permet donc, de façon collatérale, d’allonger la durée de vie du matériel et d’avoir le sentiment d’être plus éco-responsable.

Ils taxent beaucoup moins les ressources matérielles de votre parc informatique, vous permettant ainsi d’étirer la vie utile de vos ordinateurs.

Que nous ayons un penchant pour l’un ou pour l’autre, il ne faut pas minimiser les aspects communautaires, sociaux et techniques qui les relient à l’éthique hacker. Pour approfondir votre recherche à ce sujet,  je vous suggère personnellement ce texte intitulé Democratizing software: Open source, the hacker ethic, and beyond par Brent K. Jesiek ainsi que cette transcription de l’entretien Éthique et communauté du hacker avec Richard M. Stallman

La conscience d’un hacker

Est-ce que le titre de ce billet vous évoque quelques souvenirs? Il s’agit d’un texte écrit le 8 janvier 1986 par Loyd Blankenship, mieux connu sous le pseudonyme The Mentor, peu après son arrestation. Au départ, les hackers étaient perçus, bien malgré eux, comme des criminels par la grande majorité du monde. De nos jours, cette culture a su redorer son blason en mettant à l’avant-plan qu’ils sont plutôt des personnes intelligentes, compétentes et curieuses utilisant la technologie pour créer; réinventer.

Voici quelques extraits du manifeste paru dans Phrack Magazine:

I’m smarter than most of the other kids, this crap they teach us bores me…

We explore… and you call us criminals.

We seek after knowledge… and you call us criminals.

We exist without skin color, without nationality, without religious bias… and you call us criminals.

Yes, I am a criminal. My crime is that of curiosity.  My crime is
that of judging people by what they say and think, not what they look like.

My crime is that of outsmarting you, something that you will never forgive me for.

Dans ce billet paru sur TechCrunch, Dan Abelon soutient que l’intelligence et les compétences des hackers font d’eux d’excellents candidats à l’entrepreneuriat. Pour valider ses propos, j’ai fait une recherche sur les qualités requises pour être un bon entrepreneur et sur le site de Desjardins, j’ai découvert les attributs suivants parmi l’énumération: esprit de compétition, créativité, débrouillardise, confiance en soi, bonnes connaissances techniques et soif d’apprendre. Voyez-vous le lien avec les traits du hacker?

La problématique, selon l’auteur du billet, c’est que tout bon hacker doit avoir accès à des capitaux afin de développer ses créations. Ceux-ci étant normalement le fruit de réseaux et de relations privilégiées, il suggère que ce dernier devra dénicher un mentor pour l’accompagner dans ses démarches de financement.

If we can streamline the path from hacker to entrepreneur, the world can unlock immense innovation and prosperity.

While hackers can make useful products, in many cases they need mentorship and capital to turn their early progress into massively successful, globally-distributed services

Heureusement, le web social regorge de sites de financement collaboratif comme Indiegogo ou Kickstarter, comme le soulignait Caroline Fleury dans ce billet, permettant de réduire les lourdeurs associées aux modes traditionnels d’investissement.

Nous avons tous ce petit côté bidouilleur en nous, mais certains plus que d’autres. Que nous inventions une technologie comme Dropbox ou trouvions la méthode pour créer une machine à maïs soufflé à partir d’une cannette d’aluminium, ce sont des aptitudes semblables, ces mêmes fibres d’intelligence, de compétence et de curiosité à différents niveaux, qui nous permettent de créer; réinventer.

Life hacking refers to any productivity trick, shortcut, skill, or novelty method to increase productivity and efficiency, in all walks of life; in other words, anything that solves an everyday problem of a person in a clever or non-obvious way.

Coined in the 1980s in hacker culture, the term became popularized in the blogosphere and is primarily used by computer experts who suffer from information overload or those with a playful curiosity in the ways they can accelerate their workflow in ways other than programming.

Notre Identité: notre priorité

De nos jours, plus que jamais, notre identité numérique se doit d’être protégée. Nous utilisons quotidiennement une vaste étendue d’outils et de services du web social (Facebook, LinkedIn, etc) qui peuvent atteindre grandement notre réputation s’ils tombaient entre les mains d’êtres machiavéliques. Ce constat force le besoin d’utiliser une méthode d’authentification forte au-delà du simple mot de passe sur-utilisé pour une multitude de sites différents qui ne méritent pas nécessairement notre pleine confiance. The Register nous apprenait, par ce billet de Phil Muncaster paru en septembre dernier, que myOpenID cesserait son service à partir du 1er février 2014. Pourquoi, maintenant et ensuite sont tous des mots, pour ne pas dire questions, qui seront clarifiés au cours des prochaines lignes.

authentification

Pourquoi cette décision?

Sur le site internet de myOpenID, nous pouvons y lire la raison officielle suivante:

Janrain created myOpenID to help make registration and login easier on the web for people. Since that time, social networks and email providers such as Facebook, Google, Twitter, LinkedIn and Yahoo! have embraced open identity standards. And now, billions of people who have created accounts with these services can use their identities to easily register and login to sites across the web in the way myOpenID was intended.

Personnellement, j’avais un compte myOpenID mais je ne l’utilisais pratiquement jamais. A mon avis, cette technologie était plutôt réservée aux geeks de l’informatique. Bien que facile à utiliser, les étapes qui permettaient de l’utiliser en laissaient plus d’un perplexes.

Maintenant, quels choix s’offrent à nous?

Comme nous le disait la citation précédente, plusieurs compagnies ont décidé, au fil du temps, de créer leurs propres services d’authentification (Facebook, Google, Twitter et j’en passe).

Pour nous, utilisateurs quotidiens de ces services, il devient tout à fait normal et convivial de les utiliser à peu près partout où ils sont implantés, comme le mentionnait Cédric Deniaud dans son billet:

Le but est de permettre une identification simplifiée pour l’utilisateur (pas besoin de se créer pour chaque nouveau service, un nouveau compte), et pour l’entreprise une capacité de viralisation plus forte.

Ensuite, que nous réserve l’avenir?

Personne ne peut le prédire, mais je crois fermement que la réponse se trouve dans l’authentification à deux facteurs. Whitson Gordon écrivait justement un billet intéressant à ce sujet sur Lifehacker pour démystifier ce qu’elle est simplement:

It requires both « something you know » (like a password) and « something you have » (like your phone).

En activant cette fonctionnalité pour un de nos services, on s’assure d’une part qu’un mot de passe sécurise notre compte. Puis, lorsque le processus d’authentification s’enclenche, le système demande un code de validation afin de poursuivre la transaction. Ce dernier est aléatoire et est envoyé, par exemple, sur notre téléphone intelligent.

Simple et efficace: il ne fallait qu’y penser!

En conclusion, il demeure quand même un point important à préciser: nous sommes à la merci de nos différents services. Il n’en tient qu’à eux d’intégrer les différents fournisseurs d’authentification ainsi que l’authentification en deux étapes à leurs produits. En attendant, il vaut mieux suivre ces quelques recommandations pour la gestion de mots de passes sécuritaires.

Le combat de notre vie

Il y a quelques jours à peine, nous fêtions les 2 ans de notre fils. Un moment de bonheur accompagné de nos proches. Quelques années auparavant, ce n’était pourtant qu’un rêve: celui de fonder une famille. Toute une épreuve pour un couple ayant des problèmes de fertilité et qui doit passer à travers plusieurs étapes notamment celles du choc, du stress et de l’attente du résultat tant espéré. Ce billet, à caractère très émotif pour moi, se veut une réponse aux 4 articles du blogue d’un jeune couple infertile français intitulé Le Combat de notre vie.

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Le choc

Procréer: engendrer un être humain. N’est-ce pas le but primaire de la vie avant tout autre désir matériel? Hélas, ce n’est pas le cas pour beaucoup de couples du monde entier qui font partie d’une terrible statistique: L’infertilité. Au Canada, le taux de fertilité a chuté de 57% en 51 ans.

Et bien, ça y est cette fois, j’y suis. Je sais que je fais vraiment partie des 500 000 personnes en France qui consultent chaque année au sein des centre de Procréation Médicalement Assistée (PMA).

C’est tout un choc d’en faire partie et de réaliser qu’il y a de fortes chances, malheureusement, que nous ne pourrons pas devenir parents à notre tour. Que nos propres parents n’auront peut-être jamais de petits enfants. Bref, c’est une nouvelle triste à avaler pour tout l’entourage.

Le stress

Soulagement: les avancées technologiques permettent maintenant de palier à ce problème de conception naturelle. Des cliniques offrent mille et un traitements afin de permettre aux infertiles de garder espoir. Malgré les faibles pourcentages de réussites, nous fonçons et nous nous accrochons en gardant en tête l’objectif d’une vie. Quels moments de stress intense et d’émotions à se croire bipolaire.

Entre temps, à chaque cycle on espère, on croise les doigts, on y croit, parce que l’espoir est toujours là!

On supporte aussi les « Et toi, c’est pour quand? », « Il va falloir s’y mettre », « Ça va marcher », « C’est dans la tête », « Arrêtes d’y penser », etc. et j’en passe!

Sans oublier les annonces de grossesses et les naissances qui n’en finissent plus…

Alors on s’accroche et le traitement peut commencer, ça va marcher…

Le résultat

Puis, un jour, le moment tant attendu: la prise de sang. Le test du dosage et taux de Béta-hCG sera-t-il annonciateur d’une grossesse en évolution? La peur de devoir tout recommencer ce long processus semé d’embûches nous hante sans cesse.

Miracle pour nous: résultat positif et 9 mois plus tard nous tenions notre petite merveille entre nos mains.

Mystère concernant ce couple européen, le dernier billet fût rédigé pendant l’attente du résultat tant espéré. Nous n’en savons pas plus, nous pouvons nous imaginer le meilleure comme le pire.

Je veux simplement avoir le bonheur de prendre mon enfant dans mes bras, de l’entendre un jour nous dire papa et maman, de voir le sourire sur les lèvres des grands-parents, d’avoir cette joie dans nos cœurs et donner tout l’amour que l’on a à donner pour cet enfant…

Je ne peux que leur souhaiter d’avoir remporté leur combat…

En terminant, j’aimerais faire un parallèle avec un billet de Karine Juteau, dans lequel elle répond à une personne qui compare le démarrage d’un blogue au rôle de parents. Je comprends bien votre analogie, mais sans vouloir vous vexer, il existe une énorme différence: bloguer est à la portée de tous.

 

Une bouteille à la mer

Une idée m’est venue en tête pour écrire ce texte. J’ai décidé d’y aller de façon inverse en recherchant d’abord sur la toile, ou plutôt Google, la source qui allait faire germer une réflexion de ma part grâce aux mots-clés bloguer et thérapie. Le billet « Bloguer, une autre thérapie », d’une certaine Julie de Paris, m’a fait comprendre comment expression, anonymat et compagnie (briser la solitude) étaient des concepts importants pour quelqu’un utilisant une parcelle de la blogosphère pour son propre bien-être mental.

bouteilleExpression

À maintes reprises, en parcourant les billets affichés par le moteur de recherche, j’ai croisé le mot déversoir. J’ai trouvé que c’était une belle métaphore suite à la lecture de sa définition propre sur Wikipédia:

Un déversoir ou évacuateur de crue est une structure construite pour dériver ou évacuer l’eau retenue derrière un vannage ou barrage fixe, dont la hauteur excèderait une certaine limite (par exemple la crête de l’ouvrage).

Le blogue est en quelque sorte le journal intime de notre époque; notre petit nid virtuel. Il permet à son auteur d’exprimer ses émotions, se confier et même se mettre à nu sans craindre d’être jugé mais plutôt compris et supporté.  C’est en quelque sorte une façon de se « construire notre monde intérieur. Il est un moyen d’objectiver son fonctionnement intime et, surtout, d’en obtenir une validation extérieure. »

Anonymat

D’un autre côté, il y a le concept d’anonymat ou plutôt de pseudonyme, permettant à une personne de s’exprimer en limitant le risque d’être reconnue. Notez bien qu’ici nous n’entrerons pas dans toute la terminologie et les moyens disponibles pour identifier une personne sur le Web, comme le résume bien Pierrot Péladeau dans cet article. Néanmoins, la blogueuse citée en introduction le décrit elle-même:

Ce blog est un concept entièrement différent. Il repose sur mon anonymat et votre incapacité à me représenter autrement que par ce que je vous laisse entrevoir de moi.

Briser la solitude

Enfin, pour plusieurs, bloguer permet de rompre le sentiment d’isolement. Comme le souligne Julie, dont je connais le nom en raison du titre de son blogue, dans son billet intitulé « Pourquoi bloguer? »:

Je le vis comme un petit coin tranquille bien à moi, où je peux venir m’exprimer quand je le veux, sans déranger personne et où il y aura toujours quelqu’un qui m’entendra (me lira). C’est formidable quand on y pense! Je ne suis jamais seule parce que je peux toujours venir en parler par ici. C’est ouvert jour et nuit. Il y aura toujours quelqu’un.

Pour conclure ce billet, je dois avouer que je perçois aussi le blogue comme une certaine thérapie. L’analogie de la bouteille à la mer me rappelle cette anecdote pendant les jeux de Sochi 2014, lorsque des patineurs canadiens ont lancé une bouteille contenant leurs frustrations dans la mer Noire. Bien qu’anonymes, leurs messages seront inévitablement trouvés et lus par quelqu’un qui ne comprendra peut-être pas tout le bien que ce geste aura procuré aux auteurs respectifs…

 

Academos: Un mélange unique

Ce soir, je suis inspiré par cette conférence TED de Clay Shirky, parue en 2005, comparant les institutions à la collaboration. Cette dernière m’a fait réfléchir à propos de mon initiative de l’Activité B à propos du Cybermentorat. Au Québec, Academos est l’un des maîtres d’œuvre dans ce domaine. Étant moi-même cybermentor depuis peu, je ressens un fort sentiment d’appartenance et une fierté inégalée de faire partie de ce projet où chacun apporte sa modeste contribution et poursuit l’objectif commun d’aider les jeunes de 14 à 30 ans à préparer leur avenir professionnel et à persévérer dans leurs études. Comment peut-on qualifier cet Organisme sans but lucratif (OSBL) par rapport aux différents types de groupes sociaux existants? C’est ce à quoi je tenterai de répondre en utilisant les explications de Caroline Mailloux parues dans ce billet écrit après les événements de la crise étudiante au printemps 2012.

academos

Communauté

Proprement dit, nous ne pourrions pas qualifier Academos de communauté étant donné que les cybermentors sont dispersés aux quatre coins du Québec.

La communauté est souvent considérée comme un groupe social avec un ancrage local, géographique. Dans une communauté, les gens se côtoient quotidiennement, ils « vivent ensemble ».

Néanmoins, nous sommes tous habités par le même intérêt et possédons une similarité commune: nous sommes cybermentors. De plus, une certaine acceptation commune a eu lieu préalablement. D’un côté le professionnel a dû se souscrire à certains règlements et de l’autre, l’organisation a dû consentir que les bénévoles font de leur mieux et qu’ils sont des êtres humains possédant des qualités ainsi que des défauts.

Réseau social

La version actuelle de la plateforme ne permet pas de la qualifier comme tel car sa structure n’est ni souple ni dynamique, c’est plutôt une boîte de messagerie de discussions entre cybermentors et cybermentorés.

Par contre, restez à l’affût car une révolution se prépare et certaines nouvelles fonctionnalités permettront de s’en rapprocher en permettant aux jeunes de se bâtir des cercles de connaissances et un réseau professionnel tôt dans leur cheminement académique! Ils pourront notamment:

  • dialoguer avec des mentors exerçant le métier qu’ils veulent faire;
  • échanger sur les domaines qu’ils convoitent avec des étudiants, des établissements scolaires ou avec des entreprises qu’ils auront choisis ou suggérés par la plateforme;
  • partager leurs intérêts avec les pairs en se créant un scrapbook professionnel ou en participant à des groupes d’intérêt;
  • visionner des vidéos, avoir accès à des nouvelles personnalisées et recevoir des badges;
  • rédiger leur curriculum vitae certifié Academos, appuyé des recommandations de leurs mentors;
  • trouver un emploi, un stage ou une occasion de bénévolat;
  • clavarder avec des experts sur les orientations du monde du travail et sur la formation.

Institution

Selon cette définition, nous pourrions affirmer sans aucune doute qu’il s’agit bien d’une institution:

Un groupe social stable, généralement hiérarchisé, qui se maintient grâce à une organisation formelle.

Dans les faits, c’est beaucoup plus que cela. En effet, une institution ne pourrait supporter une structure aussi grosse que celle d’Academos (plus de 2600 cybermentors). Elle n’aurait d’autre choix que de conserver le 20% des ressources qui répondent à 80% des demandes tel que le suggère la Loi de Pareto ainsi que les propos de Clay Shirky. La vision d’Academos est simple: chaque cybermentor mérite sa place même si sa profession n’est pas la plus populaire car elle pourrait tout de même sauver un jeune du décrochage.

Équipe

À sa plus simple expression, nous pouvons qualifier une équipe comme ceci:

Un groupe social orienté vers un but commun. Les membres d’une équipe partagent donc un objectif, même si ce but est parfois imprécis et que des intérêts individuels peuvent le rendre plus difficile à atteindre.

Cette définition est aussi valable pour Academos qui est, comme toute organisation, divisée en plusieurs équipes distinctes (Direction, Communications, etc). Toutes s’affairent à différentes tâches au quotidien mais la mission et les valeurs demeurent unanimes.

Mission

Aider les jeunes de 14 à 30 ans à préparer leur avenir professionnel et à persévérer dans leurs études en les mettant en contact direct avec les personnes actives du monde du travail via le cybermentorat et le Web social, dans le but de rendre notre société plus éduquée, qualifiée et prospère.

Valeurs

  • L’innovation — pour demeurer leader dans notre domaine
  • L’accessibilité — pour tous les jeunes, partout au Québec
  • L’inspiration — pour une relève professionnelle engagée
  • Le professionnalisme — pour un service efficace
  • La solidarité — pour un transfert intergénérationnel dans une société en changement

Bref, on peut facilement conclure qu’Academos est un heureux mélange de plusieurs types de groupes sociaux. Sans être entièrement une communauté, un réseau social, une institution ou une équipe, on peut au moins affirmer qu’elle tend à s’améliorer au fil du temps pour tenter de s’approprier le meilleur de chacun d’eux!

Facebook: LA plateforme sociale

Depuis 10 ans, une plateforme sociale s’est démarquée des autres et a considérablement modifié nos habitudes de vie: Facebook. Que l’on veuille se l’admettre ou non, elle touche énormément de gens au quotidien notamment au niveau des communications, de l’expression de soi et de la consommation . Ce billet à propos du bébé de Mark Zuckerberg se veut une réplique à celui-ci, plutôt négatif quant aux changements apportés par le réseau social, auquel j’aimerais contrebalancer certains propos.

Facebook pour communiquer

Tout d’abord, je dois l’avouer: je suis un utilisateur journalier de l’application mobile. Malgré tout, je me qualifie plutôt de spectateur avec un léger penchant de réseauteur, si je me fie aux types de webacteurs évoqués dans un billet publié par Caroline Fleury. Le système me permet surtout de simplifier les communications avec parents, amis et quelques connaissances. Au fil des ans, j’ai troqué tranquillement les appels téléphoniques pour les courriels, puis ces derniers pour la messagerie intégrée au réseau social de paire avec un téléphone intelligent. Je trouve cela moins dérangeant pour toutes les petites communications de routine. Je n’ai aucunement l’impression de perdre mon temps mais plutôt de l’optimiser. C’est aussi une façon simple de partager des photos d’événements, comme la fête des 2 ans de mon garçon par exemple, avec ceux qui étaient présents avec nous pour ce moment! Je conserve un cercle d’amis restreint afin que mon fil d’actualités demeure facile et rapide à consulter mais surtout pertinent. De plus, cela m’évite d’avoir à endurer les propos de boulets, narcissiques et autres trolls de ce monde.

Pour l’utilisateur lambda, Facebook sert surtout à “rester en contact avec ses amis” ; le concept d’ami recouvrant ici un sens large et surtout lointain. Vieille connaissance de bac à sable ou bourreau du lycée peuvent alors soudainement se rappeler à votre bon souvenir via les friend requests.

Facebook pour s’exprimer

Parlant de tendances narcissiques, abordons maintenant l’utilisation de Facebook pour l’expression de soi. À ce sujet, je vous invite à jeter un coup d’œil à cette réflexion sur les avantages et désavantages des réseaux sociaux, plus précisément au passage sur les effets des médias sociaux sur les utilisateurs. Personnellement, j’aime bien la fonctionnalité de pouvoir partager du contenu avec mes contacts, que ce soit des photos, billets de blogues, articles lus ou même des résultats de course à pied. Cependant, il faut agir avec modération, discernement et efficacité à l’aide des listes de publication. Rien ne sert d’exprimer tous nos états d’âmes, faits et gestes et photos de soi sur le réseau. Il est fort probable que cela n’intéresse que nous!

Des études américaines ont indiqué que Facebook pouvait procurer une dépendance très forte notamment sur les tendances narcissiques, les troubles mentaux ou encore sur l’empathie virtuelle. En effet, de très nombreux adolescents fragiles utilisant Facebook s’en servent pour améliorer leur image et leur estime de soi. Ainsi, ils consacrent extrêmement de temps à se construire une vie virtuelle. L’empathie virtuelle consiste à être davantage sensible aux autres notamment par l’intensité et la rapidité des échanges.

Facebook pour consommer

Finalement, le réseau social est tout autant intéressant pour assouvir nos besoins de consommation ou découvrir de nouveaux produits. Les marques reconnues ont leurs pages Facebook. De mon côté, c’est devenu mon annuaire téléphonique. C’est le premier endroit où j’effectue une recherche maintenant. La preuve, j’ai même trouvé mon fournisseur de bois de chauffage ainsi que mon déneigeur sur le site! Étant fan de leurs pages, j’accède automatiquement aux contenus qu’ils publient: promotions, recommandations, etc. C’est un incontournable. J’apprécie aussi l’utilisation de Facebook Connect pour simplifier le processus d’inscription à de nouveaux services qui pourront ensuite interagir aisément en partageant de l’information avec mon compte Facebook.

Somme toute, même si la plateforme sociale qu’est Facebook nous est très pratique au quotidien en étant un point central de certaines activités sociales reliées aux communications, à l’expression de soi et à la consommation, il ne faut pas se leurrer, elle ne remplace pas tous les contacts sociaux réels en chair et en os. Même si vous avez 142 amis qui vous souhaitent de bons vœux le jour de votre anniversaire, 77 qui aiment votre photo de mariage ou 29 qui commentent votre recette de pilons de poulet, vos vrais amis sont ceux qui viendront vous remonter le moral, vous réconforter et vous serrer dans leurs bras lorsque le malheur frappera à votre porte.

facebookLe site est considérablement intéressant puisqu’il permet d’échanger, de partager, de s’informer, de se cultiver, de se sociabiliser. Bref, un être humain peut véritablement trouver satisfaction et améliorer sa vie de tous les jours grâce à Facebook. Hélas, rares sont ceux qui utilisent Facebook à bon escient.

Trop de personnes ne gèrent pas Facebook comme un moyen permettant de vivre mais comme une fin. 

 

 

Nos vies sont des objets sociaux

De nos jours, les gens font de plus en plus attention à leur santé en adoptant de saines habitudes de vie, comme le démontre cet article de Sophie Allard à propos des tendances santé en 2014, paru dans La Presse. Qui l’aurait cru, cela est dû en grande partie grâce au web social qui a transformé les thèmes que sont notamment l’alimentation, l’activité physique et la conciliation travail-famille en véritables objets sociaux!

objetsAlimentation: retour aux bases

Tout d’abord, du côté alimentaire, on remarque une hausse évidente du désir de bien se nourrir dans la population en général. Diminution de la restauration rapide, on veut cuisiner soi-même avec des aliments frais et surtout contrôler les ingrédients tels que le sucre, le sel et le gras. On assiste à une multiplication de blogues, comme celui de la nutritionniste Stéphanie Côté, dont les billets traitent de divers sujets tels les recettes, les astuces de cuisine, le gaspillage de nourriture, etc. Il y a même des capsules vidéo! Le plus important dans tout cela, c’est que les gens se les partagent, donnent leurs avis et proposent même des modifications en fonction de leurs goûts; bref une effervescence s’en suit sur les différents réseaux sociaux.

Anecdote personnelle

Récemment nous avons acheté des pilons de poulet dans un supermarché: il y avait une économie substantielle qui en valait vraiment la peine. Quelle ne fût pas ma surprise de voir des recettes (textes, photos et vidéos) de pilons de poulet partagées par mes amis apparaître dans mes actualités Facebook pendant plusieurs jours!

Activité physique virale

Ensuite, sans grande surprise, nous assistons au même constat concernant le sport. Cet extrait du texte de madame Allard démontre bien cet impact du web social:

Les réseaux sociaux teintent de plus en plus la pratique d’activités physiques. « Les gens publient en direct ce qu’ils réalisent comme entraînement, comme défi, dit Francis Gilbert. Ça devient viral et ça crée un effet d’entraînement. On démarre des groupes, on sollicite la participation des amis à tel événement, etc. »

Nous remarquons aussi que les technologies mises à notre disposition viennent y apporter leur coup de main. De nombreuses applications mobiles telles Garmin Ant, Runtastic ou RunKeeper offrent différentes fonctionnalités sociales. Cette dernière, comme l’explique de façon détaillée ce billet paru sur TechCrunch, permet notamment de créer son cercle d’amis, participer à des événements, partager des parcours de course à pied favoris, commenter et évidemment diffuser nos résultats sur les divers réseaux sociaux afin de piquer l’orgueil de nos contacts et les pousser à bouger et se dépasser à leur tour!

La vie parfaite

Enfin, le rythme de vie effréné établi depuis plusieurs années déjà est en période de transformation. Les gens ne veulent plus vivre seulement pour travailler: ils veulent travailler pour mieux vivre. Ils désirent plus que tout réaliser l’équilibre parfait dans ce grand mystère qu’est la conciliation travail-famille. L’article de madame Allard relate qu’il s’agit même d’un enjeu de sécurité publique:

L’INSPQ vient de publier un avis scientifique sur la conciliation travail-famille et la santé, ce qui signifie du coup qu’il considère cette problématique comme un enjeu de santé publique. Est-ce que les patrons seront plus conscientisés en 2014 ? Moins de la moitié des employeurs offrent des programmes d’équilibre travail et vie personnelle. Le Québec fait un peu mieux que le reste du Canada, selon le Groupe Entreprises en santé, mais il reste beaucoup à faire. Le télétravail est étonnamment en baisse, mais les horaires flexibles sont plus souvent proposés.

Devant ce rêve, les réseaux sociaux nous bombardent en continu de photos d’activités familiales, de clichés de soupers entre amis, de sorties mondaines et j’en passe. Notre vie peut alors sembler banale devant tous ces moments de la vie des autres maintenant devenus des objets sociaux reflétant une réalité biaisée, comme le soulève ce billet de Flavien Chantrel:

On peut vite se retrouver avec bien plus d’amis virtuels que de personnes réellement fréquentées au quotidien. On pourra échanger avec elles, sublimer notre quotidien avec des messages bien calibrés, nourrir notre égo des likes amassés et ainsi parfaire cette vie rêvée si éloignée de notre réalité. Mais avec quels résultats ? Dans quel but ? Une utilisation intensive des réseaux sociaux peut vite nous couper de l’essentiel et nous arracher aux vraies expériences de la vie.

Somme toute, bien que je termine ce texte sous un regard un peu pessimiste à l’égard de certains outils du web social, je crois que tout est question de modération et de gros bon sens dans l’utilisation de ces services. Bien que les interactions sociales proposées par ces derniers soient intéressantes, n’oubliez pas que les gens se montrent normalement sous leurs plus beaux jours!

Web social: contagion virale

Comme je suis un fan inconditionnel de la série télévisée The Walking Dead sur le réseau AMC, je ne peux passer sous silence l’analogie facile à faire entre une épidémie de zombies face aux phénomènes viraux sur le web social. Ce billet de Marie-Claude Ducas, sur son blogue du Journal de Montréal, m’a amené à pousser la réflexion plus loin à ce sujet: Quels sont les éléments pour qu’un certain contenu, comme un vidéo par exemple, se propage à vive allure sur le web?

Une question de science

Dans cet autre excellent billet, par Alex Sobal, celui-ci nous démontre de façon détaillée l’effet de la science du partage. Du point de vue marketing, tout est minutieusement calculé. Nous avons souvent tendance à croire à tort que pour être viral, un contenu doit être à caractère humoristique, allant de drôle à absurde. Ce n’est pas exactement le cas. C’est plutôt dû à la réponse psychologique et à la motivation sociale de ce dernier. L’important est de savoir créer une émotion chez le récepteur afin de le pousser à partager le contenu.

Le moment parfait

De plus, le lancement de la campagne est tout aussi important. Il semblerait que le contenu viral atteint son point culminant au tout début, soit durant les trois premiers jours de circulation. Il demeure donc d’une importance capitale de synchroniser la diffusion avec les jours de la semaine reconnus comme étant les plus productifs au niveau du partage, soit du mercredi au vendredi! Le week-end, les gens ont bien autres choses à faire que d’être devant un écran à l’affût de contenu émotionnellement intéressant à partager!

Une problématique

Malheureusement, dans toute cette viralité, il existe un problème et Marie-Claude Ducas l’a très bien résumé par ce dernier point:

On le voit, les médias sociaux peuvent amplifier le meilleur comme le pire. Il y a déjà un slogan – viral – qui circule: «Stop making idiots famous»; c’est-à-dire: «Arrêtons de rendre célèbres des imbéciles».

Un contenu viral ne le devient pas nécessairement pour les bonnes raisons tout dépendamment de l’émotion générée par ce dernier. Nous devenons spectateurs, bien malgré nous, autant des plus beaux exploits que des pires bêtises humaines…

viral

En terminant, même AMC a bien saisi le concept, en créant sa propre publicité virale pour la promotion de la suite de la saison 4 de sa série culte The Walking Dead au retour des fêtes 2013, prouvant encore une fois qu’elle maîtrise le sujet à la perfection!