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J’en veux…

Depuis quelques semaines, la hargne que j’avais envers le Projet de loin 20 concernant la réforme du programme de procréation assistée (PMA) du Québec était intense en raison du doute que cela créait dans nos démarches de fertilité en cours à la Clinique OVO. Je suis bien conscient qu’en société, certains choix d’être faits au risque de déplaire à une partie de la population, malgré tout je crois fermement que la vie valait les coûts engendrés. Je sais, dans plusieurs autres secteurs des compromis semblables et déchirants ont été pris avec les mêmes conséquences. Mais ce dossier, celui-là, me touchait droit au coeur de père. Cela mettait en jeu notre désir d’être parents pour une deuxième fois depuis notre premier miracle en mars 2012.

Aujourd’hui, j’en veux à la vie. Je lui en veux de nous avoir faire miroiter un rêve qui est finalement devenu un cauchemar. Un cauchemar dont le temps finira par peu à peu s’estomper mais en gardant toujours la crainte de le revoir se pointer: une grossesse interrompue en raison d’un oeuf clair. C’était un dernier essai, possiblement la dernière chance: ça y était! Deux prises de sang positives en raison d’une bonne augmentation du bHCG, La grossesse inespérée battait son plein en ce beau 21 décembre 2015! A quelques jours avant Noël, nous avions pris la décision d’en informer nos parents et amis qui étaient au courant de nos démarches. Malgré les risques encourus de toute grossesse, nous vivions dans l’illusion que la vie allait être bonne et clémente avec nous après avoir vécu la dernière année difficile en raison des décès de mes deux belles-mères et du récent combat contre le cancer que mon beau-frère devait livrer… Évidemment, nous avions tort; nous avons été ignorants: la vie s’en fiche de tout ça et du baume que cela mettait sur les plaies vives de tous les membres de notre entourage.

J’en veux à la vie de mettre autant d’embûches dans notre vie de famille et de couple. J’en veux que ce qui devrait être simple et naturel devient si compliqué. Je lui en veux que cela puisse se terminer en queue de poisson après tant d’étapes surpassées. Je lui en veux de n’avoir peut-être jamais la chance d’avoir un deuxième petit être m’appeler papa. Plus encore, je lui en veux aussi de s’acharner sur le sort de ceux qui nous aidaient dans ce difficile processus.

N’ayez crainte, je suis déçu mais comme toujours, je m’en remettrai et nous nous en remettrons. Nous en avons vus d’autres, nous nous aimons et nous sommes une famille malgré tout. Que nous réserve la suite? Nous ne savons pas. Toutes ses démarches sont évidemment onéreuses et peuvent se terminer, comme nous le vivons présentement: vide, rien et tristesse.